10 ans après son accident chez Quick, Célia se bât

Date: Le 04/05/2018
Lieu: Nord Eclair

Dix ans après son accident chez Quick, le combat de Célia pour la vie

L’accident dans un fast-food de Leers a réveillé des souvenirs chez de nombreux Tourquennois. Il y a dix ans, Célia se blessait très grièvement dans un Quick à Roncq. Aujourd’hui, l’adolescente a 15 ans. Elle combat une épilepsie, une hémiplégie, ses traumatismes mais aussi une société qui ne lui trouve pas de place dans un institut adapté et refuse de lui rembourser certains médicaments.
Marjorie Dujardin le dit doucement : elle va encore régulièrement au restaurant fast-food de Roncq pour voir les jeux, prendre des photos. «  Et rien n’a changé. C’est ça qui me fait mal. On ne voit toujours pas ce qui se passe à l’intérieur de la structure où seul un enfant peut accéder. Tout peut recommencer…  »
 
Le 13 janvier 2008, Célia chute lourdement dans le toboggan de l’espace jeux du fast-food. La petite fille de 5 ans est hospitalisée avec un traumatisme crânien. Finalement, les médecins la laissent sortir, «  sans faire d’IRM où ils auraient vu le sang qui coulait dans son cerveau  ». Deux jours plus tard, Célia sombre dans le coma, où elle restera dix-sept jours. « On m’a annoncé que Célia ne se réveillerait pas mais j’ai voulu qu’elle vive.  » Célia rouvre les yeux mais les séquelles sont lourdes : elle ne voit que partiellement, ne marche pas, ne parle pas. «  Je suis contente de l’avoir laissée en vie. Tout est difficile mais Célia n’est pas un légume.  »
 

Trouver un institut spécialisé

Pour Marjorie, la vie devient un combat pour Célia. «  Elle a beaucoup progressé en dix ans grâce aux prises en charge notamment dans les instituts spécialisés. Elle réussit à faire quelques pas. Mais elle reste très fragile puisque son cerveau n’est pas refermé. La moindre chute pourrait être fatale.  » Pour Marjorie, tout est un combat. «  Elle est actuellement à l’IME Lelandais à Villeneuve d’Ascq. Mais l’accueil est jusqu’à 14 ans.  »

 

« J’ai tout le temps peur qu’un jour on m’annonce qu’un enfant est mort dans ces structures… »

Célia a eu 15 ans le 5 janvier. «  Depuis je me bats pour trouver une autre structure d’accueil. Je ne veux pas qu’elle aille en Belgique. Elle serait trop loin de son neurochirurgien et neurologue. Je veux qu’elle soit prise en charge en France.  » Marjorie attend avec inquiétude la réponse d’un IME (institut médico-éducatif) à Armentières. «  Il faut faire vite. Dès que Célia n’est plus stimulée, elle régresse.  »

 

Dans la nouvelle structure d’accueil, Marjorie Dujardin devra expliquer qu’elle ne peut plus acheter les médicaments de mélatonine dont a besoin sa fille pour dormir. «  La Sécu ne rembourse pas parce que Célia n’est pas en fin de vie. C’est 45 € pour cinq jours.  » Marjorie peut aussi parler du coût d’un fauteuil roulant…

Sur les dernières photos, Célia souffle ses bougies, fait quelques pas, pose en tutu… Elle se confie à des amis imaginaires. «  Cela la rassure.  » De son côté, Marjorie a abandonné les procédures judiciaires «  parce qu’il était insupportable qu’un avocat dise que ma fille était handicapée avant l’accident  ».

Mais elle continue à scruter les jeux des fast-foods, à alerter la direction des fraudes… «  J’ai tout le temps peur qu’un jour on m’annonce qu’un enfant est mort dans ces structures… Dites aux parents de les inspecter avant que les enfants ne jouent dedans. Parce que la vie est fragile…  »


Des vacances pour Célia

C’est un combat de plus pour Célia. Ses parents voudraient lui offrir des vacances dans un centre adapté à Wez-Macquart près de la Chapelle d’Armentières. Mais ce séjour a un coût : 3 215 € pour vingt jours. La Caisse d’allocations familiales peut apporter une aide de 459 €. «  Le reste à charge est de 2 756 €. C’est trop important pour mon ex-mari et moi.  »

Une amie, Elodie Ovelacque, décide de lancer une cagnotte Leetchi. « J’ai toujours un peu de scrupules à demander de l’aide. Mais là c’est Elodie qui a lancé l’idée…  » Huit cents euros ont déjà été collectés. Il reste cinquante-huit jours pour aider Célia à partir en vacances.


Un amendement Célia: une aide face au handicap

 

Lorsque Célia a grandi, elle ne pouvait plus vivre dans la maison 1930 de ses parents. Des amis et bénévoles s’étaient mobilisés pour réaliser des travaux dans l’habitation familiale. Gérald Darmanin, alors député, avait alors apporté une enveloppe financière et une promesse : déposer un amendement de loi pour aider les familles à obtenir un prêt pour adapter le logement à un handicap.

L’Assemblée nationale ne l’avait pas adopté en 2012. Mais en 2016, Gérald Darmanin, maire de Tourcoing, avait tenu sa promesse électorale : la ville propose aux Tourquennois en situation de handicap ou en perte d’autonomie un accompagnement dans le financement des travaux d’aménagement de leur résidence principale. «  C’est quelque chose dont je suis fière. Un amendement Célia pour tous ceux qui sont confrontés au handicap  », témoigne Marjorie Dujardin.

 

 

 

 

 



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