France Dimanche du 08/07/2011

"Après 17 jours de coma, ma fille a ouvert les yeux"

"Je suis dans cette chambre d’hôpital, au milieu des moniteurs et des appareils qui égrènent leurs bip-bip. Célia, ma princesse de 5 ans, est allongée dans son lit, les yeux fermés. Je lui parle doucement : “Maman est là, tout ira bien…“ Ma fille ne dort pas, hélas : elle est dans le coma, et moi, je dois faire face au plus terrible dilemme auquel une mère puisse être confronté : maintenir Célia en vie ou abréger ses souffrances ? La vie ou la mort de mon enfant, voilà ce que je dois trancher.

 

Les premiers pas de Celia :

 

Célia à son retour à la maison :

 

Assise à son chevet, je revis l’enchaînement fatal qui nous a conduits dans cet enfer : Célia fait une première chute sur la tête. Rien de grave apparemment, mais quelques jours tard, une nouvelle chute, sur le toboggan d’un fast-food cette fois. Célia perd connaissance et doit être hospitalisée. Elle rentre à la maison deux jours tard, le mardi 15 janvier 2008 exactement. Je n’oublierai jamais cette date. Ni le bruit sourd de son corps s’effondrant sur le sol, ni ses yeux révulsés, ni ses membres s’agitant dans tous les sens. Les pompiers, alertés, l’évacuent en urgence. “Il va falloir être forte, Madame !“ me dit alors l’un des secouristes.

 

 

Je n’imaginais pas alors à quel point ! À 2 heures du matin, enfin, un médecin vient nous trouver, Olivier mon mari et moi, dans un couloir de l’hôpital. “J’ai fait tout ce que j’ai pu“, nous dit-il. Il nous explique que Célia a subi un traumatisme crânien qui a déclenché une hydrocéphalie qui a comprimé son cerveau. Laquelle des chutes successives en est la cause ? Mystère ! Le chirurgien a dû ouvrir le crâne de Célia pour évacuer des épanchements d’eau et de sang et lui enlever une partie du cerveau avant de la plonger dans le coma artificiel. “Elle a une chance sur mille de s’en sortir“, précise-t-il.

 

Les jours suivants, nous nous relayons, Olivier et moi, au chevet de notre princesse. Son état ne cesse de s’aggraver et les médecins finissent par nous demander l’autorisation de débrancher les appareils que la maintiennent en vie. Un psychologue est chargé de m’aider à accepter l’inacceptable : dire adieu à tout jamais à mon enfant. Mon cœur de mère hurle ! Jamais ! Moi vivante, personne ne touchera à ma fille. Les médecins insistent pourtant : Si Célia sort de sa nuit, affirment-ils, elle sera polyhandicapée, aveugle, muette, et sourde. “On ne sait même pas si elle vous reconnaitra !“ me disent-ils.

 

 

Pourtant, après dix-sept jours de coma, le miracle se produit : Célia se met à respirer seule, sans l’aide d’aucune machine ! Comment décrire ma joie ? Dopée par ce prodige, je passe des heures à la stimuler et mes efforts payent : déjouant tous les pronostics, Célia progresse. Les médecins avaient tout faux : Elle n’est ni aveugle, ni sourde, ni muette ! Un jour enfin, un merveilleux jour, Célia se lève de son fauteuil et marche !

 

Aujourd’hui, Célia a intégré un centre de rééducation où elle continue à évoluer. Elle doit tout réapprendre, mais elle travaille et nous l’aidons. Je la récupère tous les soirs. Il a fallu tout bousculer à la maison, et je ne sais pas si nous y serions parvenus sans le soutien des proches, des amis, mais aussi de gens célèbres comme Jacques Higelin qui est venu donner un concert au bénéfice de Célia.

 

Il reste beaucoup à faire, bien sûr. Notre priorité est de faire aménager notre logement, inadapté et même dangereux pour Célia. Un architecte a fait des plans et estimé le coût de travaux. C’est cher, très cher pour nous ! Mais qu’importe : Je suis prête à relever ce nouveau défi. Avec l’association que nous avons créée, “Célia, un combat pour la vie“, nous allons organiser des manifestations, des concerts pour récolter des fonds. Nous comptons aussi sur la solidarité et sur les dons. Et quand je vois tout ce qui se passe autour de ma princesse, je sais que nous arriverons."

 

Propos recueilli par Cyril Guinet


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